El-jem

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Située à une quarantaine de kilomètres de la côte, à mi-chemin entre Sfax et Sousse, la ville d'El-Jem, connue sous le nom de Thysdrus à l'époque romaine, était l'une des plus importantes des provinces d'Arique de l'Empire. Cette prospérité était due à sa situation privilégiée de noeud de communication entre la Tunisie centrale et ses richesses agricoles d'une part, et Rome, ses ports et ses énormes besoins alimentaires d'autre part. Thysdrus prit ainsi une place prépondérante dans l'économie de la région, notamment pour le commerce de l'huile d'olive. Les Romains parvinrent en effet à cultiver avec succès de grandes oliveraies qui remplacèrent petit à petit la culture du blé. La ville de Thysdrus connut son apogée sous les Sévères, au IIIème siècle, en s'étendant sur quelque 200 hectares et en comptant près de 40 000 habitants. (Elle n'en compte plus que 10 000 à l'heure actuelle).
La culture de l'olivier qui fit la prospérité de la ville causa également sa ruine. En 238, à l'occasion de la vente de l'huile, la population jugea que le pouvoir de Rome se faisait excessif et sa fiscalité trop pesante (les impôts exigés étaient insoutenables). Les commerçants prirent la tête de la rébellion contre le procurateur romain des impôts. Le proconsul d'Afrique, Gordien Ier, fut proclamé empereur contre son gré. L'empereur Maximin apprenant celà, envoya ses troupes reprendre et ravager la ville. On vient de partout pour admirer le gigantesque amphitéâtre, situé dans un un endroit particulièrement aride et sablonneux. Hérité du temps de la puissance de Thysdrus dans l'Antiquité, c'est l'un des plus grands édifices du monde. Dominant et envahissant la ville et les petites maisons basses du bourg agricole de ses 36 mètres de haut et 427 mètres de périmètre, ce colisée de près de 30 000 places est plus remarquable par sa conception que par sa beauté. Datant du IIIème siècle, il a été très ingénieusement conçu en ce qui concerne l'évacuation et l'aménagement (plusieurs salles souterraines).
Un système complexe de canalisation de l'eau de pluie recueillie ensuite dans de grands impluvia servit pour l'approvisionnement hydrique de la région. L'amphithéâtre fut ensuite utilisé comme forteresse à l'époque byzantine. Au VIIème siècle (647), une princesse berbère, la légendaire Kahena (en lutte contre Hassen Ibn Nooman), se réfugia dans le colisée pour résister aux invasions arabes. Victime de son statut de forteresse rebelle, maintes fois réaffirmé au fil des siècles, le colisée a été très endommagé. Il fut même partiellement détruit au canon en 1695, lorsque Mohammed Bey voulut déloger les partisans d'Ali Bey. Toujours impressionnant et majestueux, il ne constitue cependant pas la seule richesse archéologique d'El-Jem. Deux amphithéâtres sont encore visibles sur la route de Sfax, qui ont fourni de nombreuses mosaïques présentant les spectacles du cirque. Une trentaine de villas romaines, mises à jour derrière le site actuel du musée, ont apporté des témoignages de la prospérité des marchands de l'ancienne Thysdrus. Dans ces villas, où certaines mosaïques ont été laissées sur place, on peut visiter quelques pièces d'habitation disposées autour de jardins, le long de galeries à péristyle